Ce regard glacial...

Publié le par httpslam

Quand je revois dans ma mémoire ce regard glacial, un sentiment de malaise envahit mon esprit.

Qui eut cru que cet ami va changer tellement ? Et dans si peu de temps ?

« C’est l’heure de la prière. Allons-y ».

Etonné, il me regarde… Comme s’il n’avait pas compris. La prière ?? 

Je suis étonné, moi aussi. Surprenant en effet qu’il ait oublié que c’est l’heure de la prière. Lui qui la priorisait sur tout à l’époque.

Quand il m'avait fréquenté, il m’avait touché par sa persévérance, sa façon d’agir… Il était un modèle….

Durant ces derniers mois, il nous rendait des visites. Je sentais que quelque chose n’allait pas, il n’avait plus l’air d’apprécier l’environnement, mais je ne voyais pas très bien. Ce n’est que dans ce jour-là que j’ai compris. C’est dommage ! A quel point le monde professionnel peut changer nos orientations !

 

Il n’est pas le seul d’ailleurs. Un autre ami, que je connais depuis des années, n’émet plus l’aura de sûreté qu’il donnait. Je vois bien qu’il subit une pression énorme, qu’il résiste farouchement. Parfois il gagne, parfois il est blessé…

Dans ses moments de faiblesse, il m’arrive de détecter un regard froid. Glacial. Un regard qui fait peur.

D’autres, je ne les vois plus. Ils sont loin, chacun dans son entreprise. Mais leurs mails reflètent un automatisme douloureux, une sorte de monotonie dans l’esprit. Ce « Bonjour » me rend malade. Non mais qu’est-ce qui s’est passé au juste ? Pourquoi ce changement ?? ! Pour créer une soi-disant « carrière professionnelle » ? C’est bête – et excusez le terme- car simplement inutile. Tu –qui que tu sois- travailles dans une boite… Tu es un parmi des dizaines. Ta boite est une parmi des milliers au monde. Alors même si tu travailles jour et nuit, tu ne seras pas un Bill Gates ni un Steve Jobs ! A moins que tu laisses de côté toutes tes obligations envers Dieu, car ces célébrités n’ont pas de temps à perdre dans ces « choses ».

Ok, tu es le manager, le DG, ou même le Super DG ! Et alors ? Tu dors, les autres aussi ! Tu manges, les autres aussi ! Tu t’habilles et les autres aussi ! Peu importe la qualité de ces « besoins maslowiens », l’important est que c’est « partagé ». Et ne dis surtout pas que c’est le statut professionnel qui fera la différence, car ce « statut » c’est le sigma des opinions qu’ont les autres sur toi. Et l’avis des autres, c’est tout simplement rien !

 

Ne pense pas que c’est un appel à quitter le travail ! En tout cas, ceux qui me connaissent le savent très bien. Et justement, c’est parce que j’ai dû travailler d’innombrables week-ends, supporter la traîtresse des clients, gérer le stress d’une nouvelle boite qui se crée et qui cherche à se connaître… Tout ceci m’a laissé pensif. Ce n’est tout même pas le but ultime d’une vie ! Un être aussi sublime que l’Homme n’est pas fait pour être robot, il doit aspirer à autres choses, qui dépassent le cadre banalement matérialiste du monde professionnel.

Oui, Il faut travailler, bosser, mourir de fatigue et tomber mort à la fin de la journée. Mais le cœur doit être out de tout cela. Quand c’est l’heure de la prière, est-ce raisonnable de prioriser une réunion avec le directeur ? Ce directeur est-il plus cher à ton cœur que Dieu ?? Car la prière est ta réunion avec Dieu ! Si tu cherches à acquérir une place importante auprès de tes supérieurs, fais de même auprès de Dieu ! C’est logique, c’est La logique !

Oui, travaille durement, mais « laisse ton cœur hors du travail. Tu te fais du mal pour rien ». C’est un conseil que m’avait donné un lauréat il y a un an et demi. Il avait raison. Pourquoi s’énerver, pourquoi négliger ses obligations religieuses ? Si on me vire, alors il y a d’autres boites. Si les clients me traitent de mensonger, alors pourquoi je m’énerve ? L’essentiel est que Dieu ne soit pas énervé ! Et les autres peuvent se jeter dans la mer.

 

Ce fut un discours long. C’est le garçon au regard glacial qui m’a déclenché. Et ce n’est pas celui dont j’ai parlé au début, ni l’autre… Il y a un troisième. Quelqu’un dont le cœur est devenu tellement glacial qu’il n’arrive plus à émettre de chaleur. Vous devinez qui. Quelqu’un qui, durant une année de travail, a mâché pas mal d’expériences… juste pour les ressortir par la suite, dégoûté. Quelqu’un dont la chaleur des mots n’est plus la même qu’autrefois…

 

Que Dieu nous guide dans cet engrenage qu’est le travail.


Publié dans Rappelle-toi que...

Commenter cet article